Guilde Poetic Loosers - royaume Medivh


 
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 Deux ans de loose !

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Radichou
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MessageSujet: Deux ans de loose !   Mar 17 Avr - 14:38

Petit texte en l'honneur de tous ceux qui portent, ou ont porté, notre tabard Smile







Une ombre s’avançait le long du parchemin déroulé sur la petite table de travail. Un gnome assoupi et appuyé sur son coude ouvrit mollement un œil. Il s’était encore endormi en pleine séance de travail ! Il se releva, s’ébrouant à la manière des chiens, secouant barbichette et moustaches dont les poils blancs avaient depuis longtemps viré au gris. Devinant ce qui faisait de l’ombre à la fenêtre de son bureau, il haussa un sourcil et se remit au travail comme si de rien n’était, saisissant une longue plume élégante pour parapher un autre de ces encombrants documents…
- Grenor, je t’ai déjà dit de ne pas te mettre devant le soleil ! Si je n’use pas les bougies et compte profiter de la lumière du jour jusqu’au bout, ce n’est pas pour que tu m’empêches de finir cette paperasse !
Il souriait cependant, et releva la tête en direction de son vieil ami.
Un nain à la barbe rousse et lourdement vêtu d’armures richement ornementées, se tenait du mieux qu’il le pouvait sur le dos d’un griffon qui s’agitait en l’air. Le nain lui répondit joyeusement :
- Eh Radich, faut pas qu’tu t’endormes là, dis, y’a notre rendez-vous de ce soir !
- Par ma diabolique progéniture, tu dis vrai.
Il consulta sa montre à gousset et vint s’accouder au rebord de la fenêtre. Il était perché dans les étages d’une haute tour efilée, élégant doigt de marbre s’élançant à travers les cieux de la ville de Shattrath. Le nain était venu le voir et l’avait interpelé par la fenêtre.
- Eh bien, fit Radichou, tu dis vrai, il est temps. Pars devant, j’arrive, j’ai encore quelques menues affaires à régler.
- D’acc Radich, on s’retrouve là-bas ! Répondit Grenor avec son accent rocailleux.

Radichou sourit de plus belle en voyant voleter son ami vers les portails magiques de la ville.
Shattrath n’avait décidément rien de familier avec ce qu’il avait connu en Azeroth. Même les peuples de la Horde venaient régler leurs affaires dans cette mégalopole, ce qui ne manquait jamais de créer quelques tensions, ou bagarres, bien vites dissipées par l’imposant service d’ordre des shatar, les mystérieux intendants de la ville, au service de cet étrange être de lumière, le Naaru…
Bah, Radichou haussa les épaules et se rassit. Cet étage, loué à un prix exorbitant aux shatar, être soi-disant mystiques et désintéressés, lui servait de centre d’opérations pour ses associés et lui. C’est là que les Poetic Loosers se rassemblaient sur ce monde dangereux qu’était l’Outreterre, hâvre provisoire entre deux missions particulièrement dangereuses.
Il reprit un dossier en cours. Il y en avait tant qui s’empilaient les uns sur les autres ! Il releva son cou maigrelet pour considérer l’immense pile de paperasse… Avec un soupir de résignation, il chaussa ses besicles pour s’intéresser au papier qu’il tenait en main.
- Voyons cette missive urgente… « Lu, g voulé savoir si ta guilde pouvé me recruT, g sui un rogue lvl 70 spé sap, avec un template qui roxx ». Rajustant ses lunettes comme pour mieux lire le message, Radichou jeta le papier d’un « pfui » exaspéré à son diablotin, qui l’incinéra d’un souffle. Celui-ci gémit en grimaçant de sa voix nasillarde :
- Bien sûr, toujours le plus petit qui fait les tâches ingrates !
Radichou tança son démon de compagnie en agitant un doigt chargé de gentille réprimande :
- Karnip, mon petit, sans toi je ne sais pas ce que je ferais, c’est vrai, mais TAIS-TOI, tes jérémiades m’empêchent de me concentrer.
Il se massa les tempes. Il venait de rentrer d’une longue et charmante promenade dans les bains de vapeur du réservoir de Glissecroc avec sa délicieuse épouse et soupira en rêvassant aux derniers moments passés près d’elle et de son adorable minois. La vue de la pile de dossiers des affaires requérant son attention immédiate le fit revenir à la réalité. Il secoua la tête, pour remettre ses idées en place.
Bien, soupira-t-il lourdement en prenant un autre livre. Qu’est-ce qui m’attend encore ?
Il retira à grand peine des étagères de sa bibliothèque un épais et lourd grimoire relié de cuir et orné de signes cabalistiques. La couverture, d’un vert délavé, n’avait pour tout blason qu’un cœur, jaune doré, symbole mystique de son association. Il posa, ou plutôt lâcha l’encombrant grimoire sur sa table, ce qui fit s’envoler quelques papiers épars, ainsi qu’une bonne dose de poussière. Essoufflé, car la force n’était pas son fort, il regarda Karnip en s’épongeant le front :
- Dis donc, vieux rat, tu aurais pu m’aider ! Et cesse de faire le mort à chaque fois que j’ai besoin de toi !
En marmottant une volée d’injures à son capricieux serviteur démoniaque, Radichou ouvrit lentement les immenses pages du grimoire. On pouvait apercevoir au fil des pages tournées, entre deux ronchonnements, des mots de commun, comme « registre de guilde », « message de guilde du jour », « comment assumer ses rondeurs », « note aux officiers ».
Radichou s’arrêta net, le regard vide. Il revint quelques pages en arrière. « Assumer ses rondeurs ». Il pointa la page du doigt en lisant le titre à haute voix. Il n’était pas besoin d’être clairvoyant pour deviner qui était l’auteur de cette note du jour… Sa voix se répercuta à travers les murailles de la tour :
- Douchka !
Il contacta son assistant, Radishoo, son jumeau maléfique qui était né d’une téléportation ratée à Gadgetzan, et qui gérait encore pour lui ses affaires à Forgefer.
- Radishoo, trouve-moi Douchka, je viens de voir une de ses notes, et ça me fait penser qu’il faut la prévenir pour ce soir.
Le gnome était occupé à lire un torride roman d’amour, écrit par dame Poisonne et lui répondit péniblement, à peine arraché à sa lecture :
- Bien maître.
Radichou consulta la page des présences du grimoire. Hum… Il releva cent quatre-vingt douze membres. Un de plus qu’hier… Il se replongea dans les listes des personnes présentes dans le bâtiment, ainsi que celles qui l’avaient été, en suivant les noms du bout du doigt, méticuleusement. Il releva un nom inconnu, et soupira « Encore des personnes arrivées d’on ne sait où ! Comment gérer une guilde avec tous ces mystérieux arrivants »… Il prit négligemment un autre papier sur la pile de ses dossiers.
« Cher Radi, j’ai recruté une copine, voleuse très douée, qui viendra garnir le rang de notre équipe d’arène. Cordialement, Joséphina. »
« Coucou Radichou, Ranon m’avait demandé d’intégrer son frère. Comme tu n’étais pas là, je me suis permise de le recruter, il m’a dit que vous en aviez déjà parlé ! Bisous, Tourmaline. »
Et les messages défilaient. C’est ainsi qu’il s’y prenait, chaque soir. Essayant de recoller les morceaux de ce joyeux bazar, histoire de ne pas avoir l’air trop perdu auprès des Poetic Loosers lorsqu’il était en leur présence.
Des bruits l’arrachèrent à son travail de précision. Il tendit l’oreille. Cela venait de la pièce en-dessous, la salle de détente. Il saisit alors les poignées d’une lunette périscopique gnome pour épier ce qui se passait, un étage plus bas. Un des nouveaux Loosers exhibait fièrement son attirail de guerre. Radichou sourit. Son sourire s’effaça progressivement lorsqu’il vit que cela n’amusait plus du tout les autres membres de la guilde présents, qui avaient autre chose à faire qu’entendre les « eh, eh, mate le skin ! lol quoi [Epée Vorpale de l’Ours qui se tripote avec un singe] ». Ce genre de boucan n’amenait jamais rien de bon. Il décrocha son bigobox et parla dans un tuyau répertorié « Canalofficiers » :
- Messieurs-dames, à qui l’honneur ?
Un crachotement amusé lui répondit à travers le tuyau :
- A toi l’honneur patron !
Radichou sourit, ses yeux pétillants de malice brillaient à travers ses besicles. Il tira alors une petite corde de velours rouge, secouant une étiquette où on pouvait lire « Bernardo, à n’utiliser qu’en cas d’urgence ». Une petite cloche tinta. Il put entendre quelques murmures en-dessous « Oh non, Bernardo, chut, chut, taisez-vous ». Puis plus rien. Radichou s’assit sur son grand fauteuil molletonné en soupirant de satisfaction. Il regarda, par acquit de conscience, à son périscope. Le nouveau venu, qui polluait l’environnement de ses nuisances sonores avait à présent un gros papier collé sur la bouche marqué « Bernardo ». Il remarqua à peine le serviteur muet, qui reprenait sa place, prêt à intervenir et à faire taire, inlassablement, tout autre looser trop bruyant. Les autres semblaient rire dans la salle. Eh eh, un peu d’animation, c’était bon pour le moral des troupes. Bon d’accord, c’était au détriment de l’un d’eux. Il pouffa d’un air sadique en secouant les épaules. Quel dommage d’être cruel !
Il ferait enlever le baillon d’ici quelques minutes, le temps de finir la lecture d’un document particulièrement important.
« Mon cher Radichou, merci pour ces bons moments passé en votre compagnie, mais je quitte les Poetic Loosers, à bientôt sur d’autres chemins. Astréa »
Il soupira. Dommage, c’était une personne de qualité. Il raya son nom du registre, avec sa plume pleine d’encre noire. Ainsi était leur sort à tous… Des personnes merveilleuses, d’autres moins, venaient, repartaient. Certains faisaient un bout de chemin, d’autres restaient indéfectiblement jusqu’au bout. Cette maison était ouverte à tous, tant qu’on s’y comportait convenablement car, avouons-le, en vieillissant, Radichou avait pris la grossièreté et la vulgarité en horreur. Heureusement, ses proches étaient là pour le tempérer parfois, et c’est pour leur caractère bien différent du sien qu’il les aimait profondément. Il regarda les portraits de ses officiers. Il rit tout haut sur ce dernier mot… « Officier », comme si ça donnait une quelconque importance… Ceux qui pouvaient se vanter de ce titre ne s’en vantaient jamais et à juste titre, car tous savaient que c’était avant tout un devoir et une charge, qu’un privilège, des droits spéciaux, des pots-de-vins… De toute façon les pots-de-vins lui étaient réservés. Enfin, ceux qu’il interceptaient. Quand il y arrivait.
Un papier se détacha et se posa sous ses yeux :
« Kikoo Radi, dis-moi, quand est-ce que tu me feras passer Serial Looser ? Je suis une ancienne après tout ! Bises. »
Radichou sourit tendrement. Et il se dit que c’était justement les personnes qui ne poseraient jamais cette question qui étaient choisis en premier pour s’occuper des affaires de la guilde.

Il aperçut un papier signé Oce, sa collègue qui gérait la guilde Symphonie, leurs alliés avec qui ils étaient arrivés… euh… assez loin, dira-t-on. Enfin, cela correspondait à leurs ambitions, mais ils s’en étaient fait, du souci tous les deux, pour leur guilde, mais ils avaient réussi, au prix de coûteux efforts, de prise sur soi et de remise en question, ce qui n’est pas évident lorsqu’on est gnome à l’égo sur-developpé, à préserver les valeurs qui leur étaient chères.
Il tapa du poing, un large sourire de satisfaction sur son visage plissé, la barbe ébourrifée. Deux ans qu’ils étaient là ! Et ils avaient tenu malgré tout !
Pourtant, nombreux furent les moments de doute. Quand ils s’étaient retrouvés à moins d’une dizaine à porter le tabard vert et or, quand même lui avait rejoint une autre guilde pour avoir cédé aux promesses d’une avancée importante en sacrifiant tout ce à quoi il avait cru, et se retrouvant au milieu d’inconnus… Les pénibles histoires de cœur, le départ de Pareyla, Shëtane avec qui il n’avait pas été correct, Minichou qui avait profité de lui… tout cela était avant sa merveilleuse épouse, l’envoûtante Rockfairy, qui lui avait offert son plus beau cadeau, les jumeaux Boukette et Barbapapa. Elle lui a permis de tenir bon, malgré le désespoir, l’envie de la rejoindre, de n’avoir plus à s’occuper de rien, qu’ils partent tous deux voguer à bord du Bidibulle II, loin de tous les soucis !
Des difficultés, oui, il y en avait eu. Des problèmes d’organisation, des gens qui voulaient partir à l’aventure, d’autres non, devoir concilier tout le monde tout en respectant le bonheur de chacun… c’était l’objectif qu’il s’était fixé lorsqu’on lui avait confié la signature de charte de cette guilde.
Il s’en souvenait d’ailleurs fort bien, c’était au Loch Modan, et son ami Pithivier, le paladin humain, s’était précipité au bureau des registres à Forgefer pour valider l’inscription avant lui, et lui avait tendu le papier, d’un air triomphant. Radichou avait alors tenu à changer le nom de la guilde car il était mal écrit, et c’est ainsi que de « Pathétik Loosers » puis « poetik loosers », sont nés les « Poetic Loosers », avec un o de trop, mais après cent-cinquante échanges de chartes de guilde entre Pithivier et lui, c’était un détail de peu d’importance, qui était devenu la marque de leur Loose sacrée, après tout.
Et le tabard ! Il avait failli être rose avec un cœur rouge, tout ça parce que c’était assorti aux lunettes d’ingénieur de môssieur Radichou. Finalement, ils avaient opté pour le vert, car c’est la couleur de l’espoir, un cœur pour la générosité, en or pour la richesse, et une bordure blanche pour l’esthétisme et la pureté. Et leur bannière avait flotté sur bien des fronts ! Plusieurs fois, à lui ou à d’autres, avait-on dit « Eh, mais tu fais partie des Poetic Loosers ! Nan, je me souviens, j’ai un ami qui m’a lancé dans l’aventure qui m’avait parlé de vous ! » c’était un bien beau compliment, d’ailleurs Radichou n’en était pas peu fier, en général.

Des soucis, des difficultés, certes. Mais elles n’étaient rien comparé aux formidables appuis dont ils avaient bénéficié. De leur solide sens de l’amitié déjà. Des personnalités fortes en gueule. Des légendes vivantes qui avaient partagé leurs aventures. De la bonne volonté, surtout, avec peu de moyens, et sans céder aux exigences perçues comme tyranniques.
Bien sûr, ses méthodes étaient discutables, après tout il avait un passé de coureur de jupons, il était colérique, rancunier, boudeur, rabougri, mégalomane, suffisant, bavard, et n’aimait pas qu’on prenne les décisions à sa place. Pourtant, pourtant, ses amis étaient là, et il aurait fait n’importe quoi pour que sa guilde, restat cet espace où chacun se sentait bien.





La suite arrive, mais je voulais pas faire trop indigeste dans un premier temps

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Radichou
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MessageSujet: Re: Deux ans de loose !   Mar 17 Avr - 14:44

Le gnome encapuchonné avait quitté la tour des mages d’Hurlevent. Il avait voyagé à travers les portails arcaniques de Shattrath, pour se retrouver dans cette ville qui l’avait longtemps accueilli. Il déploya son mécatrotteur. Sa fumée sulfureuse et les gaz d’échappement lui manquaient. D’un pas mécanisé rapide, il galopa vers la sortie de la ville, lorsqu’il percuta une jeune femme en habit de prêtresse qui avait les bras chargés de livres. Il se confondit en excuses avant de reconnaître l’infortunée étourdie.
- Chenoeh ! Mais que fiches-tu ici ? Il l’aida à ramasser ses ouvrages.
- Messire Radichou, oh, euh, pardon, je ne vous avais pas vu, ni entendu, bredouilla-t-elle, le visage empourpré. Décidément, sa timidité ne s’arrangeait pas, pensa le gnome.
- Ma chère enfant, lui dit-il, souriant dans sa barbe fournie, et hissant du bout de ses petits bras un épais grimoire signé par Sainte Carbonara, même l’arrivée du Seigneur Funeste Kazzak dans votre chambre ne vous arracherait pas à votre rêverie.
- Oh, le … le seigneur Kazzak ? Mais euh pas du tout … oh ! vous croyez ?
Radichou rit.
- Allons mon petit, laissez donc vos recueils poétiques et joignez-vous à nous ! ce soir, nous faisons la fête pour célébrer les deux ans de notre tabard.
- Je sais ! Je finissais de livrer ces livres à l’orphelinat ! Madame Rossignol attend ces recueils de contes pour les enfants. Chenoeh se tortillait, n’osant poser une question… Finalement, elle s’enhardit, serra les poings, puis demanda : Dites, je pourrai venir avec ma guitare ?
Radichou se souvint alors des rumeurs prétendant qu’une jeune prêtresse humaine aux cheveux blonds avec la coupe réglementaire du couvent de la Comté-du-Nord harcelait les pauvres passants d’Hurlevent avec ses accords mal plaqués pour faire « un peu de réclame » pour ses enchantements, tout en poèmes. Il secoua la tête.
- Euh pourquoi pas, mais je doute que nous ayons le temps de nous en servir !
- Oh, marmonna-t-elle, c’est fort regrettable.
- Bien, je m’en vais préparer l’estrade pour le discours, c’est toujours un souci, lorsqu’on mesure soixante-dix centimètres, de se faire voir par tout le monde !

Sœur Chenoeh regarda Radichou repartir en trottant sur son autruche mécanique dans un vacarme du diable. Elle sourit, en se disant qu’elle avait bien fait de quitter son monde pour rejoindre celui-ci. Les sœurs Sedna et Feiydreva l’avaient bien accueillie et en peu de temps elle s’était sentie chez elle. Elle jeta un œil au tabard, au cœur d’or sur sa poitrine. C’était leur repère à eux tous, et elle était fière de le porter. Elle fut tirée de ses pensées par un petit caillou jeté contre elle…
- Psst.
Elle se baissa pour ramasser la petite pierre. Elle la regardait, étonnée, la tournant dans tous les sens…
- Un caillou qui parle ?
Une voix gouailleuse étouffa un juron, avant de s’élever d’un buisson proche :
- Mais quelle nigaude ma pauv’fille !
Une tête ronde, les cheveux attachés en une natte blonde émergea de la verdure. Deux yeux bleu vifs et pétillants observaient la jeune humaine. Chenoeh se retourna et reconnu la naine qui s’extirpait du buisson en maugréant sur l’inutilité d’autant de feuillages dans une ville. De toutes les naines, c’était bien Douchka qu’elle préférait. Sa franchise, le fait qu’elle soit tellement sans-gêne avec les autres… elle admirait cela. En fait, se dit-elle, c’était d’ailleurs la seule naine qu’elle connaissait… Cette dernière l’apostropha familièrement en lui tapant l’épaule :
- Beh, la p’tiote, qu’ess’ qu’t’y voulais au patron ?
- Eh bien ma chère Douchka, répondit Chenoeh en passant une mèche de cheveux derrière son oreille, notre grand schtroumpf me mettait au courant de la fête de ce soir. Tu seras des nôtres, j’espère ?
Le teint rosé de la naine s’empourpra, mais elle sourit hardiment, les poings sur les hanches dans une posture de défi.
- Crévindjû d’crénom d’bouc ! Ma grande, jamais d’la vie j’louperai un truc pareil ! Faudra bien une personne… hum… convaincante pour r’fouler les gugusses trop curieux qui s’presseraient à l’entrée de not’surboum, et qui s’raient point invités !
- Oui, oui, c’est sûr… répondit évasivement la prêtresse. La naine reprit, de plus belle, mimant des prises de lutte, ses formes généreuses s’agitant à chaque mouvement.
- Et si y’en a un qui r’chigne de trop, boudiou j’y dis deux mots, et j’l’étouffe entre mes nichons, nanmého !
La figure de Chenoeh devint toute rouge, craignant qu’on ne l’eut entendue. Elle s’autorisa cependant un sourire amusé… Douchka ne changerait jamais !
Celle-ci, d’ailleurs, avait défait sa natte, et démélait ses longs cheveux. Elle tenait sa broche entre ses dents.
- ..e.. oute… chon… est… ôt ! ..audrait a… ..u …ardes, …noeh !
- Pardon ?
Douchka retira la broche de sa bouche, cracha dessus et la lustra un peu pour la faire briller… Les naines avaient tendance à être tellement… naturelles. Son ton était cependant plus sérieux.
- J’disais.. de toute façon c’est bientôt. Faudrait pas qu’tu tardes, la Chenoeh.
- En effet, j’y pars très vite… Euh « tantôt » si tu préfères.
- Fort ben ! A tout’ alors !
Chenoeh restait songeuse…
- Qu’est’qu’y’a ?
- Tu ne trouves pas qu’il est plus calme en ce moment ? Je veux dire… d’accord, c’est toujours autant un électron survolté, comme beaucoup de gnomes, mais il semble avoir atteint un certain équilibre. Je le sens à ses mots.
- Pour sûr, dit-elle en souriant, faut dire qu’les loustics qui vont avec lui sont d’sacrés loosers. J’crois bien que sans l’soutien de plusieurs d’entre eux y’a longtemps qu’on aurait mis la clé sous la porte.
La naine compta sur ses doigts boudinés, puis reprit.
- Ouais, les garants de la loose, ceux qui savent véhiculer nos valeurs, le délire… parfois au détriment des missions qui nous sont confiées… Bah ! Not’ rafiot tient l’coup encore c’t’année, et sans son équipage et ses lieutenants, l’amiral s’rait dev’nu fou.
- Allons Douchka, pas de cela entre nous… Nous n’avons pas de vraie hiérarchie… parlons plutôt de ses amis, ça oui, c’est la vraie force qui nous unit ! Et pour cela je ne regrette pas d’avoir franchi la porte séparant nos deux mondes… ajouta Chenoeh mystérieusement.
- Ouais ! Même la môme Rockfairy, le mariage a fait beaucoup d’bien à c’te vieille canaille, toujours qu’il est à nous montrer des images d’leur couple, de leurs marmots…
Chenoeh hocha la tête en soupirant.
- Et il reste nous deux !
- Ah ah t’as raison l’humaine ! On va pas s’laisser démonter par tous ces mâles ! Douchka fit craquer ses doigts. Deux ans d’loose ou pas, j’te dis moi, c’soir, ça s’ra aussi notre fête, affirma-t-elle crânement.
- Euh oui, euh… répondit Chenoeh, tentant d’imiter la naine dans ses postures de défi… Oh et puis flûte, j’espère qu’on s’amusera bien et que tout le monde sera là !


A suivre ! n’hésitez pas à me faire part de vos impressions !

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Dernière édition par le Mer 18 Avr - 12:46, édité 1 fois
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rockfairy
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MessageSujet: Re: Deux ans de loose !   Mar 17 Avr - 23:49

je peux pas m'empécher de rigoler quand Douchka s'exclame! tu as un accent nain parfait !

et je peux pas m'empécher d'étre terriblement touchée quand tu parles de ma rock...

bref, ne changes rien mon Radi, c'est trop agréable de te lire et te relire! j'adore tes textes autant que mon petit mari gnomique ! jocolor
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Radichou
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MessageSujet: Re: Deux ans de loose !   Mer 18 Avr - 10:54

Merci Rockfairy ma petite gnomette en sucre d'orge !
C'est fou de voir comment les personnages évoluent en deux ans hihihi Wink

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MessageSujet: Re: Deux ans de loose !   Mer 18 Avr - 11:55

J'aime toujours autant tes ecris Dich !
Vite, une suite Smile
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Ariale
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MessageSujet: Re: Deux ans de loose !   Jeu 19 Avr - 11:57

Toujours aussi génial Radichou...j'adore Very Happy !
Et comme dirait une gnome célèbre : Gnome un jour, gnome toujours!!! Cool
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rockfairy
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MessageSujet: Re: Deux ans de loose !   Dim 22 Avr - 19:40

Yes ! vive betty ! "Voyage voyaaage !"
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Bobeldopple
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MessageSujet: Re: Deux ans de loose !   Lun 23 Avr - 9:20

Aaaah Betty Chanteboulon ! notre représentante à tous ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Deux ans de loose !   Jeu 3 Mai - 22:15

Je voudrais pas passer pour un chiant, mais j'attend la suite là...
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MessageSujet: Re: Deux ans de loose !   

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Deux ans de loose !
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